 
« La solidarité entre tous les citoyens d’un peuple reste assez mal établie, du moins en France, et peu sentie ; elle demeure chose abstraite ; et du reste, pour un grand nombre, existe réellement fort peu » (A. Gide, Journal)
Si nombre de mesures et de lois sont adoptées, en France, pour favoriser la solidarité, celle-ci reste un concept problématique; d’abord parce que sa définition n’est pas aisée ; et ensuite parce que si les Français se déclarent majoritairement prêts à tout pour la faire progresser, dans les faits, la France reste peu avancée sur le terrain de la solidarité…
Nombre d’enquêtes semblent ainsi révéler, de la part des Français, un attachement profond pour des valeurs telles que le respect mutuel, la tolérance, la générosité ou l’aspiration à plus de responsabilités ; mais l’observation des faits tend cependant à prouver que ces attitudes éprouvent des difficultés à se transformer en actes : le bénévolat, la participation à des associations sont nettement plus développés, chez nos voisins néerlandais, allemands ou belges. Faut-il en conclure, à l’instar d’André Gide quelques décennies auparavant, qu’il s’agit là d’un problème d’attitude propre à la France, où l’individualisme aurait érodé les velléités de solidarité ?
Qu’en est-il aujourd’hui de la solidarité dans la terre d’élection des droits de l’homme et de l’idéal républicain de fraternité ?
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